Les blablateries de Juliette...

17 octobre 2011

Un dimanche à buller ...

Cela faisait des mois qu'on l'attendait. Notre dimanche.

 

dimanche_cool

Une journée à ne rien faire, juste à profiter de nous cinq. Grasse mat, petit déjeûner ultra copieux à pas d'heure, traînasser en pyjama, profiter du soleil, préparer un repas extraordinaire avec les enfants, faire une sieste, une ballade, buller devant un dessin animé et se gaver de crêpes.

Une journée rare mais tellement agréable.

Seulement, voilà... Tout le monde ne semblait pas être de cet avis.

 

 

10h20...ddrrriiinnnnnnnggggggggggggggggggggg.

J'avoue que j'ai été tentée de ne pas décrocher. Car, un appel à cette heure-là, un dimanche matin de surcroît, ne présage chez nous jamais rien de bon.

Et, ça n'a pas raté.

- Bonjour, c'est moi, le papi qui rrrêêêêvvvveeeeee de voir ses petits-enfants aujourd'hui.

argghhhhh, nniiiaaarrffffffff, ggrrrrrrrrrrrr........

- Vous faîtes quoi aujourd'hui ?

Moi, d'une voix volontairement détachée et lointaine :

Une journée tous les cinq. On se repose.

Je n'ai pas du être assez explicite ou assez claire car il n'a pas compris le sens profond de ma rhétorique ( JE NE VEUX PERSONNE CHEZ MOI AUJOURD'HUI ). Ou, il n'a pas voulu entendre.

Ca tombe bien car je suis tout seul aujourd'hui, abandonné par mamie. Ca me ferait teeeeelllllleeeeeemmmmeeeeennnttttt plaisir de manger avec vous ce midi.

argghhhhh, nniiiaaarrffffffff, ggrrrrrrrrrrrr........

Je peux venir ?

Et là, mon cerveau s'est mis à réfléchir à une vitesse folle. Mes neurones, pourtant fraîchement réveillées, se sont mis en ébullition et ont dressé en quelques secondes le constat suivant :

 

 POUR                                                                                                                                              

-  Coyotte, Finette et Voyoutou seraient contents.                              

- Le papi, aussi.                                                                                                       

- Un bon repas, comme ça, ça se partage, non ?

                                     

CONTRE

- Une bombe semble être tombée au milieu du salon, de la cuisine, et des chambres. Réparer ces dégâts est une question d'heures. Au minimum.                                                                                                                                 

- Je veux cette journée avec l'Homme, Coyotte, Finette et  Voyoutou juste pour moi. Et l'Homme, tout autant que moi.

- J'ai besoin de ma sieste.

 - Non, non et non !

 - Non, non et non !

 - NON, NON et NNNOOONNNNNNNNNNNNN !

 

     - Euh, c'est qu'on avait prévu de se reposer. De passer une journée juste tous les cinq.

Long silence. Très long silence.

- Ce n'est pas moi qui vais vous embêter. Je me ferai tout petit. 

- Euh, mais non . Vraiment, ce n'est pas contre vous. Mais, non. Aujourd'hui, c'est notre journée.

J'ai vraiment dit ça ? Vu la petite voix tendue qui me répond, je crains bien que oui.

- Bon, ne t'inquiète pas. Ce n'est pas grave. Je comprends. Tu sais, il ne faut vraiment pas que tu t'inquiètes. Même si je ne sais pas cuisiner, je vais bien me trouver quelque chose à manger.

La culpabilité n'a eu aucun effet sur moi. Yeeaaahhhhhh ! J'ai raccroché, soulagée. Et, on ne l'a pas regretté.

Journée tellement fantastique qu'on a décidé de réitérer cela un jour par week-end -) Même s'il nous a fallu trois coups de fil supplémentaires pour calmer un papi désabusé et vexé...                                                 

 

 

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11 octobre 2011

Rupture de contrat

 images__cole

 Quelle belle maison, notre Education Nationale ^^ Elle offre des possibilités d'évolution de carrière non négligeables ... Et tout cela, gratuitement. Elle n' est pas belle, la vie ?

 

 Lorsque je me suis engagée pour une décennie et que j'ai aposé ma signature sur le papier rose que je trouvais encore magique, je pensais avoir à enseigner. Appliquer avec la verve des nouveaux professeurs tout juste émoulus de nos feus les IUFM ,  ce que l'on nous avait transmis.

Lecture, grammaire , conjugaison, vocabulaire, orthographe, numération, problèmes, calcul, géométrie, mesures ... Des matières banales qui se succédaient depuis des générations et dont les contenus avaient dangereusement tendance à rétricir telle une peau de chagrin.

Peut-être est-ce ce constat qui a engendré le reste...Ou le contraire...Allez savoir...

En tous cas, au bout de dix ans, j'ai pris un sacré galon ! Bien entendu, j'enseigne toujours. Enfin, quand j'en ai le temps. Maitenant, je suis également :

 

éducatrice

Non, on ne tape pas, on n'insulte pas, on ne se bagarre pas et, surtout, surtout, on ne souffle pas quand la maîtresse dit quelque chose ! Non, non, non !

maîtresse de soutien

Différencier votre pédagogie, pardi ! Ces CE1-là sont en grande difficulté, ceux-là pourraient sauter une classe. Quand à vos CP, on peut les séparer en trois niveaux. Une maîtresse du réseau d'aide ? Bien sûr que vous en aviez il y a quatre ans. Elle vous prenait vos quatre bambins en grande difficulté, une heure par jour et les aidait. Mais, là, c'est fini. Il faut supprimer des postes.  Vos bons élèves ? Peuvent s'instruire tout seuls. Les autres, vous les soutenez, les séparez, les aidez. Votre rôle n'est plus d'enseigner à tous mais d'aider les mauvais. Game over.

psychologue

Non, votre enfant n'est pas surdoué. Non ! Oui, je suis bien consciente qu'il sait déjà lire. Enfin, dans Gafi. Car sinon, il ne déchiffre rien. Rien de rien. D'ailleurs, il m'a dit que vous lui aviez trouvé notre livre de lecture et qu'il n'a fait que ça cet été. Non, pour moi, ce n'est pas être surdoué. Juste très coopératif avec sa maman très angoissée. Oui, voilà, il faut qu'il vive, qu'il joue, qu'il s'aéere. Ca ne l'empêchera pas de faire Sciences Po plus tard comme papa.

orthophoniste

Oui, Madame, je sais que leurs carnets de rendez-vous sont plein pour les six mois à venir. Bien sûr que je suis consciente que votre enfant en a absolument besoin; c'est quand même moi qui vous ai orienté vers ce charmant monsieur qui ne connaîtra jamais le chômage ! Bon, ben...Ok, je vous prends votre charmante progéniture en soutien pour lui apprendre à prononcer correctement les sons les plus usuels. Ok, ok, ok. De toutes façons, on ne va pas le laisser comme ça, hein...

psychomotricienne

Oui, Madame, votre enfant ne sait pas tenir un stylo. Ne sait pas tracer, écrire. Oui, je sais que pour l'aider c'est 32 euros la séance, non remboursables. Bon, ben, je vais créer un atelier de travail juste pour lui.

Conseillère conjuguale

Oui, Monsieur, Madame, je suis consciente de vos problèmes. D'ailleurs, votre merveille en fait profiter toute la classe dès huit heures, chaque matin. Oui, nous savons que votre mari avait une nouvelle amie. Oui, nous savons aussi qu'il est parti et que vous pleurez depuis. Et surtout, qu'il est revenu hier et que vous l'avez laissé dormir sur la terrasse.  Enfin, si je peux me permettre, il faudrait que vous parliez tous les deux. Oui, c'est ça, pour le bien de votre enfant. Oui, je sais bien que c'est compliqué, difficile. Bien sûr que ça se voit que vous l'aimez toujours et que vous êtres prête à lui pardonner. Euh, moi, qu'est-ce que je ferai dans cette situation ? Euh, euh...JE LE HACHERAI MOULU. Euh, je lui pardonnerai. Oui, sûr de sûr. Pourquoi ? Pour le bien des enfants, pardi !

infirmière

Non, on ne va pas te couper la jambe ! Etends-là, faut que je te lave la plaie. Non, ne hurle pas ! Regarde, le beau pansement tout coloré que tu pourras avoir si tu te tais ! Bien sûr qu'elle n'est pas cassée ta jambe ! Regarde, tu peux la plier, marcher, bouger. Une radio ? Tu veux une radio ? Maintenant ? Euh, arrête de pleurer, pitié, pitié, pitié. Tu ne veux quand même pas faire pleurer tous les copains ? Bon, d'accord, je te fais une radio. Tends la jambe. Arrête de respirer. Parfait. Oh, regarde la feuille noire et le tracé blanc. Aucune fracture, tu peux retourner jouer. OUF !

gardienne d'enfant

Il est où ton papa ? Il ne vient pas te chercher ce soir ? Et ta maman ? Ah bon, elle a repris le travail ? C'est bizarre, aucun des deux ne répond. Pourtant, il est déjà 17h30. Ne chouine pas ! Je ne vais pas te laisser tout seul, sur le trottoir, avec le jour qui commence à baisser. Voilà, je vais attendre avec toi. Peut-être qu'ils ne vont plus tarder...Enfin, espérons, hein, parce que ma gardienne à moi n'a pas horaires illimités, elle !


En dix ans, mon CV s'est remplumé de façon inattendue. Peut-être me permettra-t-il de changer de voie ? Sait-on jamais...





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04 octobre 2011

Acte de vente

dessin_maisonBien sûr que ça ne pouvait pas continuer ainsi.

Bien sûr qu'il était trop faible.

Trop malade.

Trop, tout ce que vous voulez.

 

Mais, on n'est jamais prêt à laisser partir les gens qu'on aime. Jamais.

Encore moins, lorsqu'on s'apprête à donner la vie. Une naissance pour un décès, dit-on. Mon Dieu, que je déteste cette équation.

J'aurais voulu lui dire au revoir. J'aurais voulu le serrer dans mes bras, lui qui avait si peur de partir dans ce monde qu'il espérait meilleur. J'aurais voulu être là quand il s'est envolé. Lui dire tout ce que je ne lui avais jamais dit. Tout ce que son éducation pudique nous avait interdit de sortir. Qu'on l'aimait. Que je l'aimais. Que quoi qu'il arrive, il continuerait à exister. Par un souvenir, par une pensée, par le regard des enfants, par les traits communs qu'il partageait avec eux. Il resterait là.

Seulement voilà...

- Votre Voyoutou va très mal. Il faut rester couchée, m'avait-on dit. Interdiction de prendre la voiture.

Oui mais...

- Vous voulez que votre Voyoutou aille bien ?

Quelle question !

Dans ce cas-là, le choix est vite fait, non ? D'un côté, une petite vie trop fragile qu'il faut protéger coûte que coûte; de l'autre, une vie trop faible pour continuer la route.

Bien sûr que j'ai été égoïste.  J'ai espéré, prié, vénéré des Dieux sûrement inexistants, pour que lui, dans un état si misérable, ait un sursis. Juste quelques semaines, le temps que Voyoutou arrive, qu'il puisse le serrer dans ses bras et que je sois là. Une toute dernière fois.

Bien sûr que je n'ai pas été entendue. Le contraire aurait été inquiétant. Moi qui ne décrochais plus le téléphone de peur de l'APPEL, ai finalement abdiqué un beau matin de décembre. Et si c'était l'école pour Finette qui toussait ce matin-là ? Les mots ont été courts et durs.

- J'ai une triste nouvelle pour toi.

Je n'avais pas besoin de plus. Les larmes n'ont pas coulé tout de suite . Après les soucis de Voyoutou, de toutes façons, je n'en avais plus en stock.  Je suis restée anesthésiée. C'était fini. Bel et bien fini. Parti, il était parti. Pour toujours. Définitivement. Pas d'appel possible. Et moi, j'étais là, avec mon ventre empli de mon Voyoutou à me demander ce qu'il fallait maintenant faire.

Bien sûr que j'ai fait ma rebelle, que je suis allée à l'enterrement en me dandinant, priant le Ciel  que ce ne soit pas nocif à mon Voyoutou.  Bien sûr que je n'ai pas été entendue.

- Votre Voyoutou va mal.

Alors, j'ai décroché. J'ai casé ce deuil dans un coin de mon cerveau. Je me devais de ne pas y penser. Il ne fallait pas que je souffre. Voyoutou le sentait, le ressentait. Il n'avait pas besoin de ça, en plus.

Puis, tout s'est enchaîné. L'arrivée de Voyoutou, ses soucis, ses hospitalisations, puis le renouveau. Un Voyoutou en forme, des câlins à l'infini, du bonheur à l'état pur.

Mais le problème avec les décrochages, c'est qu'ils finissent toujours par vous rattraper un jour ou l'autre.

- La maison est vendue.

Maison ? Vendue ? Non, pas si vite ! Je veux encore m'y promener, sentir l'odeur de mon enfance au travers des petites pièces, me ballader dans mes cachettes secrètes, montrer aux loulous mes cabanes imaginaires, cueillir les mirabelles, y faire des bouquets de fleurs, capturer le moindre de mes souvenirs.

- C'est mieux comme ça. On ne va quand même pas la chauffer un hiver supplémentaire ! C'est un gouffre, une aussi grande maison !

Bien sûr que j'aurais voulu l'acheter. Bien sûr que l'Homme m'avait dit qu'on le ferait. Bien sûr, que moi, qui n'avais encore eu, ni la force, ni le temps de faire mon deuil, étais restée là-dessus.

- L'acheter ! T'es folle ou quoi ? me lança l'Homme d'une voix un peu trop aigüe à mon goût. Tu crois seulement qu'on a les sous pour payer la part des autres ?

J'ai toujours détesté les maths. Surtout quand, par la preuve irréfutable qu'ils apportent, vous prouvent que vos projets sont impossibles à réaliser. Qu'il faut laisser tomber, abdiquer, oublier.

Tout a été vidé. J'ai récupéré les moindres de mes petits attachements : mon bol de chocolat chaud, le rouleau à pâtisserie, sa canne d'aveugle transformée en tuteur à arbre, ses livres en braille, les puzzles princesses et la dinette pour Finette, les légos et jeux de société pour Coyotte, des photos pour Voyoutou afin qu'il connaisse son histoire.

- Ca va aller vite. Veulent emménager avant Noël.

Je ne verrai plus le jardin l'hiver. Voyoutou n'ira jamais fêter Noël là-bas. A part des têtées entre deux cartons, il n'y aura jamais rien connu d'autre. Nous n'assisterons plus à la douceur printanière, ni à l'éclosion des arbres du verger. L'image de Finette cueillant de merveilleux bouquets de fleurs s'estompera peu à peu, Coyotte filant à toute allure entre les arbres, également.

Je n'y verrai tout simplement plus rire mon père.

 

Allez, demain, ça ira mieux ...

 

 

 

 

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03 octobre 2011

Silence..., on tourne !

A la question " Qu'est-ce que tu aimerais faire quand tu seras grand ?", le Coyotte donne systématiquement la même réponses depuis deux ans :

cam_ra

- Joueur de Ligue 1 à Sochaux et acteur quand je serai trop vieux pour attaquer !

 

L''Homme, dépité, qui s'attendait enfin à une réponse différente, tente son disours de bon père de famille qui veut le meilleur pour sa progéniture :

- Mon Coyotte, sais-tu que très peu de monde peut vivre de ces deux choses ? 

- Si, je serai footballeur et acteur !!! Comme Cantona !!!

Long soupir de l'Homme qui se ressaisit.

- Tu peux très bien être footballeur ou faire du théâtre mais en tant que loisirs. Dans la vie, il faut avoir un " vrai" métier qui te permettra de vivre correctement. Tu n'aimerais pas être docteur ?

- Docteur, oh non ! Il faut rester à l'école très longtemps et tu sais bien, papa, que je DETESTE l'école !

- Euh, alors, voyons voir... Pompier ! C'est bien, pompier  !

- Tu ne veux quand même pas que je meure dans les flammes ?

Re-long soupir de l'Homme qui culpabilise immédiatement d'avoir mis cette idée dans la tête de son Coyotte. Il tente une nouvelle échappatoire.

- Pilote de ligne ? C'est bien, d'être pilote !

- Et si l'avion se crashait ? Tu y as pensé, au moins ?

- Bon, ben, inventeur ! Ou Constructeur !

- Tout le monde fait ça !  Papa, tu ne veux pas que je sois au chômage plus tard ?

- Voilà, je sais, jubile l'Homme. Professeur ! Ce n'est pas dangereux et tu auras toujours du travail !

Le Coyotte incompris, ouvre grand ses yeux, fixe l'Homme et lui lance :

- Papa, tu n'as rien écouté ! Je déteste l'école et tu veux que j'y passe ma vie entière ?!?!

L'Homme, vaincu, s'éloigne en marmonnant des paroles que lui-seul entend.

N'a-t-il donc pas compris qu'il faut laisser l'enfance à l'enfance ? Qu'il s'agit-là du seul moment de l'existence où tous les rêves sont encore permis ? Où l'avenir reste un monde merveilleux empli de promesses ?

 

Comme ce concours que Coyotte vient de gagner : le droit de faire la haie d'honneur aux joueurs sur la pelouse du stade Bonal. Toutes ses pensées sont centrées sur ce grand jour qu'il attend avec impatience. Et, qui finit enfin par arriver.

Sans appréhension et sans un regard pour la femme-mère-épouse qui l'accompagne avec fierté, il se dirige dans les vestiaires où il est pris en charge par le staff de l'équipe de Sochaux. Une agitation peu habituelle règne autour du stade. La femme-mère-épouse tente d'en comprendre la raison. En vain. Elle ne déchiffre que quelques mots " prises de vue ", "cinq minutes", "réalisateur", " enfants sur le stade avec dix minutes d'avance sur l'horaire". Lorsqu'elle se dirige vers les tribunes présidentielles où l'attendent les deux places que Coyotte a gagnées, elle surprend deux équipes fictives entrain de s'échauffer.

Et si ?

Eh bien, oui ! Des personnes qu'elle ne connaît pas viennent tout expliquer à la femme-mère-épouse. Coyotte va tourner dans un film. Un long métrage ! En tant que figurant.

Une demi-heure avant le début de la rencontre, elle vérifie que tous les paramètres de son i-phone sont bien réglés pour immortaliser ce moment. Au loin, dans une tribune adjacente, elle repère l'Homme et sa Finette, tout aussi excités qu'elle à cette folle perspective.  Puis, tout se passe très vite. Le Coyotte foule le stade, accompagné de vingt-neuf autres enfants, suivis du réalisateur et de son équipe de tournage. Les deux fausses équipes entrent en scène. Le Coyotte, subjugué, tient parfaitement son rôle avec son maillot flambant neuf de l'équipe de Sochaux qu'il a reçu pour l'occasion. Tout s'enchaîne : le tournage, les remerciements, les vraies équipes qui arrivent et Coyotte, toujours en place, dont les yeux pétillent de ce bonheur si magique .

Cette lueur que la femme-mère-épouse affectionne tant brille toujours lorsqu'il la rejoint dans les tribunes. Sa voix, empreinte de cette surprise inattendue, piaille gaiement :

- Je t'avais bien dit qu'un jour,  je serai footballeur professionnel et acteur !

 

CQFD.

 

 

 

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27 septembre 2011

Comme quoi ...

   La femme-mère-épouse tient une ligne de conduite avec la nourriture de sa tribu. Elle cherche à rester fidèle à ses quelques commandements :

panier_bio

1. Tu mangeras cinq fruits et légumes par jour ( miam, miam, goûte ce bon brocolis cuit à la vapeur à faible teneur en sel)

2. Tu dégusteras des bons produits bio ( enfin, jusqu'au 15 du mois parce qu'après, hein....)

 

3. Les laitages, les vrais ( à bas les crèmes desserts chocolatées surmontées de chantilly ), sont ton meilleur allié pour bien grandir.

4. Tu consommeras des bonbons à très faible quantité ( lorsque maman t'en aura laissés ).

5. Tu aimeras davantage le chocolat si tu en manges peu ( non, ce n'est pas maman qui a mangé toutes les barres chocolatées, sûrement un furet des voisins qui s'est introduit dans la maison avant de trouver le placard sacré)

6. Tu ne te rendras au pays de Ronald que très très exceptionnellement ( pour maman, c'est différent, il faut bien qu'elle se nourrisse de temps en temps le midi, non ? )

7. Le nutella est réservé pour le week-end ( sauf quand l'Homme, véritable inquisiteur anti-pâte chocolatée, est en déplacement, c'est différent...)


La femme-mère-épouse a beau essayer de s'y tenir, elle connaît quelques buggs organisationnels de base :

- L'Homme qui oublie de chercher le panier de courses pré-commandé sur le net;

- L'idée totalement folle et dénuée de sens de croire qu'elle va pouvoir préparer un bon repas aux loustics le mercredi. D'ailleurs, qui pourrait s'y tenir, entre la piscine, la gym et le foot sans parler des devoirs et des chambres à ranger ?

- Elle tombe régulièrement dans une faille spatio-temporelle après le travail. Les minutes passant aussi vite que les secondes, elle se retrouve à 18h52 avec cette question de base : " Que vais-je bien pouvoir faire à manger ce soir ?"


Et là, son meilleur allié reste le congélateur où grouillent, côte à côte, des merveilles de petits riens qui mis, ensemble, possèdent cette folle capacité de préparer un petit repas en un temps record. Même si ils ne sont pas toujours très équilibrées, les combinaisons restent nombreuses et profondément salvatrices.

Et parfois goûtues...

Si bien que le Coyotte, repus par des calories pas toujours saines, regarde, ému, la femme-mère-épouse avant de lancer : " Maman, merci, merci, pour ce menu cinq étoiles !"

Et Finette de compléter : " Faudra penser à racheter du ketchup, pas le bio, le vrai ... Ce sera encore meilleur".

Puis, voyoutou, d'acquiéser : " mam-mam-mam-mam-mam-mam-mam ".


No comment.

 





 

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26 septembre 2011

Décalage horaire

Des petits riens auraient pu  mettre la puce à l'oreille de la femme-mère-épouse.

A380

 

Au début, elle les écoutait sans les écouter :

- Ah l'A380, quelle belle bête ! disait l'Homme, bavant devant les photos.

- Quel engin de liberté ! Ca fait rêver !Si seulement, je pouvais l'essayer, juste une fois.

 

Ensuite, elle les entendait d'une oreille.

- Un nouveau projet se monte aux Etats-Unis. Un truc de fous.

Il faut dire que l'Homme possède cette capacité impressionnante d'amener des informations capitales aux moments les plus opportuns : lors des préparations de purée, lorsque le voyoutou tire sur sa couche en rigolant de plaisir alors qu'il faut la fermer  ou bien quand la femme-mère-épouse tente de séparer Finette et Coyotte qui se battent pour un minuscule petit légo de rien du tout ...Bref, il sait s'y prendre...

Il a asséné le coup de grâce un soir vers 23h46 lorsque la femme-mère-épouse venait d'aller consoler son voyoutou pour la quatrième fois. Bien sûr qu'il pianotait nerveusement sur sa tablette depuis une bonne heure à regarder ces maudites photos de l'A380, bien sûr qu'il semblait chercher ses mots depuis le début de la soirée, bien sûr qu'il était beaucoup plus attentionné que d'habitude. Bien sûr qu'elle 'aurait du s'en douter.

- Tu ne devineras jamais.

Une soirée restaurant en amoureux ?

- J'ai appris un truc hallucinant aujourd'hui.

Il a gagné un week-end dans une jolie petite chambre d'hôtes ?

- Je ne pensais pas que ça nous arriverait un jour.

Un voyage ?

- Ecoute-moi bien. Jusqu'au bout. Surtout ne me coupe pas. Sache juste que c'est un truc sensationnel qui n'arrive qu'une fois dans une existence. Silence purement politique de l'Homme qui veut donner plus de consistance à ce qui va suivre. Pour les plus chanceux.

Voilà, un voyage.  Sinon, pourquoi fixer cet avion à bientôt minuit ? Mais rien que pour eux deux. Sans les enfants. Et, il pense qu'elle va refuser. Comme d'habitude. Sauf que cette fois-ci...

- MachinChose m'a fait convoquer par MachinBidule.

Qu'est-ce que ce maudit chef du chef du chef a à voir avec une semaine en amoureux ? Hein ?

- Tu sais, je t'avais parlé de mes confrères aux Etats-Unis?

Confrères ? Etats-Unis ? Euh ?

- Si, je t'en avais parlé ! L'autre jour ! Quand Voyoutou venait de te renverser la bassine de linge que tu avais mis une heure à plier ! Je m'en souviens très bien !!!

Lorsque l'Homme élève la voix sans raison, ce n'est jamais bon signe.

- Eh bien...Silence politique... Et crois-moi, c'est un signe de confiance sans précédent qu'ils me font...Re-silence politique de l'Homme en campagne...Ils me veulent, MOI, pour aller monter tout ça. Sourire soulagé de l'Homme d'avoir asséné le coup de grâce. Tu te rends compte ?Une opportunité pareille !

Euh...euh...euh....euh... Etats-Unis...euh...euh...euh...Etats-Unis..

Devant la mine déconfite et plus du tout ensommeillée de la femme-mère-épouse, il tente de la rassurer :

- Ca ne sera pas long. Je vais tout préparer ici pour rentrer vite.

Qui va emmener les enfants chez la nounou à 7 heures tous les matins ?

- Une petite histoire d'un mois tout au plus !

UN MOIS ?!?!

Un mois à devoir se lever à 5 heures tous les matins, un mois à...à...à...à....Un mois seule, tout simplement.

Mais, un mois aussi à pouvoir se gaver de nutella tous les matins sans se faire houspiller, un mois à faire du co-dodo avec les enfants, un  mois à se faire dorloter par ses propres parents, un mois à pouvoir choisir son programme tv sans heurts, un mois à pouvoir papoter des heures au téléphone avec les copines, un mois à vivre juste pour soi.

Ces jolies perspectives avaient presque balayé les plus moroses, lorsque l'Homme a passé le pas de la porte, le lendemain soir, la mine déconfite. Ah culpabilité, quand tu nous ronges... Sauf que....

- MachinBidule m'a reconvoqué dans son bureau aujourd'hui.

S'ils le font partir avant le mois de préavis donné par la femme-mère-épouse, elle serait capable de franchir la porte interdite du grand bureau imposant de MachinBidule qui ne lui fait même pas peur et de lui écrabouiller une couche de voyoutou sur sa tête d'industriel qui a réussi et qui aime le montrer. A la Terre entière. Et à l'Homme surtout.

- Je ne pars pas à la date prévue.

Une couche ne suffirait peut-être pas... La poubelle entière, oui ! C'est tout ce qu'il mérite.

- Ca a été décalé. A l'année prochaine...lance un Homme si dépité qu'il part s'affaler sur le canapé.

Une poubelle ?

Une boîte de chocolats ! Même trois !  Même dix ! Même vingt !

Mais en tant que bonne femme-mère-épouse qui se respecte, elle rejoint l'Homme et le console d'une phrase toute prête qu'elle ne pense qu'à moitié :

- Tu verras, tu auras peut-être d'autres opportunités d'ici-là.

Tout en croisant les doigts derrière son dos, elle espère que non. Et ce, du plus profond de son être.


 

 

 

 


 

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20 septembre 2011

Syntaxe footballistique

Avec l'Homme, nous avions un crédo commun...

Je n'irai jamais voir de match de foot

Tu n'iras jamais voir de match de foot

Il n'ira jamais voir de match de foot

Nous n'irons jamais voir de match de foot ... et blabla...et blabla....

Photo_S2_2010_024

 

 

 


Ce qu'à l'époque nous ignorions , c'est que les blablateries n'ont jamais été une fin en soi.

Et pour cause...


     Un jour de juillet 2010, suite à l'exceptionnelle Coupe du Monde de la France,  le Coyotte est apparu, victorieux :

- J'arrête la musique, je veux faire du foot !

- ?!...?!...?!...??????????????????????????????????? ( réaction commune de l'Homme et de la femme-mère-épouse en mal de réponses ).

Fièrement, un mois plus tard, le Coyotte, accompagné ses parents, a choisi sa première paire de crampons et de protège-tibias avant de se rendre à son premier entraînement.

S'il s'était arrêté à cela. Eh bien non ! Lorsque le Coyotte se passionne pour un sujet, c'est un archeboutiste.


     Fin août 2010, un dimanche matin vers 5h37, il a sauté sur le lit de ses parents :

- J'aimerais aller voir un vrai match de foot avec des grands footballeurs comme ceux qu'on voit à la télé !

- ?!...?!...?!...??????????????????????????????????? ( réaction commune de l'Homme et de la femme-mère-épouse en mal de réponses ).

     Deux semaines plus tard, l'Homme, dépité, a accepté d'emmener son coyotte voir l'inoubliable rencontre Sochaux-Lille ( 0-0 ).  L'Homme, ayant accompli son devoir paternel, pensait pouvoir s'arrêter là. Que nenni. Cette piètre rencontre a forgé davantage l'esprit footbalistique du Coyotte.

Le lendemain, le Coyotte, ayant répété sa demande une quinzaine de fois dans sa tête, a toisé fièrement l'Homme et s'est lancé dans une diatiribe des plus inattendues:

- Papa, ça te dirait de devenir mon copain de stade pour une saison complète ?

- ?!...?!...?!...??????????????????????????????????? ( réaction commune de l'Homme et de la femme-mère-épouse en mal de réponses ).

     Et c'est ainsi que tout a commencé. Un second match, puis un troisième, puis l'abonnement pour la mi-saison. L'Homme a doucement commencé à y aller avec plus d'entrain, a emmené , en plus de son Coyotte, ses copains à lui.  Les soirées du samedi soir se sont gentiment ( mais sûrement ) organisées autour des rencontres à domicile de Sochaux. 

Le plus naturellement du monde, en juillet 2011, l'Homme a décidé de renouveller l'expérience, pour une année complète, avec son tout jeune copain de stade.

- Tu comprends, il aime tteeeellleeeemmmmeeeennnnttt ça. Si ça ne tenait qu'à moi, hein....

Mouais...


      Un an jour pour jour, après sa première demande, le Coyotte s'est approché de la femme-mère-épouse et lui a demandé:

- Ca te dirait d'être ma copine de stade pour le prochain match ?

- ?!...?!...?!...??????????????????????????????????? ( réaction commune de l'Homme " Ca ne va pas à la tête ! " et de la femme-mère-épouse " Moi, aller voir un match ?!?!" ).

- Euh, oui, pourquoi pas ? s'est entendue répondre la femme-mère-épouse d'une voix qu'elle ne commandait plus.

- Non ! s'est exclamé l'Homme. C'est trop dangereux, il y a trop de monde, c'est trop, trop, trop, trop.... C'est TROP !

       Le Coyotte et la femme-mère-épouse n'entendaient déjà plus les fausses récréminations de l'Homme, dépité à l'idée de rater une recontre.  Fiers et heureux de partager un moment rien qu'à eux, ils ne se sont pas laissé entraîné par les supplications éhontées de l'Homme et se sont rendus au stade, une semaine plus tard.

Ont acheté un énnnnooorrrmmmmeeeeee cornet de frites qu'ils ont badigeonné d'une demi-tonne de ketchup  ( chose visiblement interdite par l'Homme ) et se sont assis, complices, dans la tribune.

Aussi étonnant que ça puisse paraître, le Coyotte a expliqué d'une voix assurée et sans aucune fausse note, les règles à la femme-mère-épouse qui, mis à part le hors jeu, n'a rien saisi.

Au fond, peu lui importait de connaître les règles ou de les ignorer. Rien qu'en regardant le visage émerveillé de son Coyotte, la magie a opéré. Partager ce moment inattendu avec lui a été, pour elle, un immense et intense moment de bonheur. Si bien qu'en rentrant, le Coyotte a déclaré à l'Homme :

- Maintenant, j'ai un copain et une copine de stade. C'est trop trop génial ! Une fois, c'est le copain qui vient, une fois la copine. Je suis trop HEU-REUX !

-?!...?!...?!...??????????????????????????????????? a demandé le visage livide de l'Homme.

Il s'est tourné vers la femme-mère-épouse, lui a indiqué le désordre surréaliste dans la cuisine et dans le salon, consécutifs à son lâche abandon, l'a suppliée du regard. Sans succès.

Le coyotte a désormais une nouvelle copine de stade. YAAAOOUUHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!






 

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19 septembre 2011

Mémory de chaussettes

       Le mémory, un jeu vieux comme le monde et qui, pourtant, n'a pas fini de faire parler de lui.

Il y a celui du Coyotte. Malgré les années qui passent, il ne semble pas s'en lasser et continue à nous battre sans retenue !

m_mory_spiderman_

 

 

 

 

 

 

     Finette a aussi le sien, la sacro-saint mémory des princesses avec les cartes en forme de coeur. La femme-mère-épouse ne sait toujours pas si elle préfère jouer avec ou tripoter chaque pièce avec adoration.

m_mory_princesses

 

 

 

 

 

 

    Lorsque la femme-mère-épouse a fini de se faire battre à plat de couture par ses deux garnements, elle peut aller s'entraîner avec le sien, l'horrible, le détestable, le terrible, l'affreux mémory de chaussettes. Rien qu'à prononcer le mot, une décharge électrique la parcourt de haut en bas.

     De prime abord, ce jeu à la règle basique, peut paraître simple : la chaussette rose avec la chaussette rose, la verte avec la verte, la blanche à pois avec la blanche à pois. Rien de bien compliqué.

Sauf que...

    La femme-mère-épouse, à l'approche fatidique de la reprise du travail, a cherché tout naturellement à se faciliter l'existence...et, a acheté, une multitude de paires de chaussettes noires pour l'Homme. Fière d'elle, elle les a lavées, séchées et pliées avant de les montrer, victorieuse à l'Homme. Surpris par cet accès d'organisation peu coutumière de sa femme, il a montré un enthousiasme certain à la trouvaille. Du moins, pour quelques jours.

    Au quatrième soir, la mine renfrognée, il s'est avancé vers la femme-mère-épouse, a croisé ses mains avant de les décroiser, puis de refaire ce charabia gestuel dix bonnes fois, puis s'est lancé dans un discours abracadabrantesque :

- Tu ne sais pas ce que Machintruc qui est le chef de Machinchose qui lui-même dirige Machinbidule m'a dit ce matin au café ?

- Euh, non...( Comment pourrait-elle le savoir vu qu'elle n'a jamais été invitée, ne serait-ce qu'à visiter l'entreprise dans laquelle travaille l'Homme...Desfois qu'elle serait espionne pour le compte d'une société concurrente...Si, si, si, si....).

- Il m'a d'abord regardé en rigolant.

Elle avait bien dit à l'Homme de ne pas se tondre lui-même les cheveux, sur un coup de tête un dimanche soir à 23h41.

La femme-mère-épouse fixe, désemparée, l'épi au sommet du crâne de l'Homme et se promet intérieurement de s'en occuper, le soir même. Ou, le lendemain. Ou, le week-end prochain.

- Il a dit que TES chaussettes n'allaient pas ensemble ! lance-t-il une pointe certaine d'énervement dans la voix.

Le noir va avec le noir, non ?

D'un geste rageur, il les ôte et , tel un lieutenant de police, balance nerveusement sa preuve devant la femme-mère-épouse. D'abord, elle ne voit pas. Puis, elle distingue une toute légère différence mais se tait. Il ne peut quand même chipoter pour ce minuscule détail.

Ben, si...

- L'élastique est plus large sur celle-ci ! Tu as vu, hein ?

Bon, en même temps, ça ne change pas la face du monde, non ? Visiblement, pour l'Homme si...

- Sans parler du fait qu'elles n'ont pas la même couleur !

Ah bon ?

- Celle avec le petit élastique tire vers le bleu marine alors que l'autre est plutôt grise foncée. Tu vois ?

La femme-mère-épouse, déjà épuisée par l'affreuse tâche quotidienne qui se profile devant elle et qu'elle ne peut se résoudre à faire, cherche une échappatoire.

- Demain, je rencontre le chef du chef de Machinbidule. Pas le choix, me faut des chaussettes identiques.

Qu'à cela ne tienne....

     Ce soir-là, l'Homme qui avait toujours rechigné à jouer au mémory avec ses enfants, a fait son baptême de feu avec une exhaltation non dissimulée :

- Tu ne veux pas m'aider ! Ok ! Tu vas voir comme c'est simple ! Archi-simple ! Dans cinq minutes, on n'en parlera plus !

Les premiers soupirs, au bout de quatres minutes et quinze secondes ont laissé place à de légères râleries à la sixième minute avant de s'enchaîner sur des onomatopées plutôt honteuses au bout du premier quart d'heure.

images_chaussettes

 

 

 

 

Vous y verriez des différences, vous ?

L'Homme, soir après soir, s'évertue toujours à les trouver...

 

 

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14 septembre 2011

Journée femme-mère-épouse vs journée de l'Homme

     La journée de la femme-mère-épouse débute aux aurores. Généralement, vers une heure du matin avec la régularité effarante d'un métronome, l'estomac de Voyoutou se met à gargouiller . S'en suit une complainte aux sonorités douces qui débouchent vers des cris plus aigüs entre 1h06 et 1h08.

      Le cerveau de la femme-mère-épouse se met à fonctionner par soubressauts. Suffisamment pour se souvenir des paroles de l'Homme , prononcées quatre semaines plutôt : " Il est grand temps que Voyoutou prenne ses appartements dans sa chambre à lui, celle que tu m'a demandée de peindre in extremis à quatre mois de grossesse, celle pour laquelle tu as choisi un papier peint archi-chiant à poser puis deux peintures inutiles sans parler de TOUS les meubles que j'ai montés et qui ne servent absolument  à rien depuis six mois. Voyoutou sera dans sa chambre d'ici la fin de la semaine. "

Avant qu'elle n'ait pu prononcer la phrase qui tue Jamais-je-ne-laisserai-voyoutou-quitter-notre-chambre-tant-qu'il-ne-fait-pas-ses-nuits , l'Homme, plus rapide que l'éclair, a prononcé les mots tant espérés : " J'irai le chercher et le recoucherai. Parole d'Homme."

Ainsi, nuit après nuit, 1h08 après 1h08,  la femme-mère-épouse qui se respecte secoue doucement le corps de l'Homme, avant d'y mettre plus d' énergie. Sans succès. La respiration régulière et profonde de l'Homme est sans appel. Il ne se réveillera pas.

A 1h09, la femme-mère-épouse titube jusqu'à l'escalier, s'empare de son Voyoutou, lui donne à manger, le lange, le recouche.

2h01 : tout le monde dort...sauf elle.

5h45 : la sonnerie du réveil lui martèle les tympans déjà usés par une fausse nuit de sommeil. Maltraiter cet appareil de malheur ne sert à rien. L'école des loulous n'attend pas, le travail encore moins.

7h15 : Coyotte, Finette et Voyoutou sont habillés, prêts à déjeûner. La femme-mère-épouse se complaît dans des adieux larmoyants avant de quitter son petit monde pour la journée. L'homme, encore ensommeillé, promet de les déposer à l'heure à l'école. Wait and see...

7h15-7h45 : moment de la journée où la femme-mère-épouse se repose entre deux coups de fil de l'Homme " Je trouve que Voyoutou est chaud ? Sortirait-il des dents ?", " Où est la veste de Coyotte ?", " Je ne trouve pas les chaussures de Finette".

7h45/16heures17 : travail, travail, travail tout en gardant le téléphone à proximité. Et si Voyoutou sortait vraiment des dents ?

16heures18 : sprint jusqu'à la voiture. Passe la demi-heure suivante à slalomer entre les voitures avant de récupérer Voyoutou en larmes chez la nounou ( " Votre Voyoutou n'a quasiment rien mangé de la journée, vous allez passez une mauvaise nuit !") et de chercher deux enfants surexcités au Pôle Périscolaire ( " Votre Finette a troué ses collants à force de se rouler sur le macadam", " Votre fils se plaint de crampes au ventre, sûrement une gastro. Vous devriez aller voir un spécialiste, c'est la quatrième fois ce mois. On ne comprend pas, il n'est pas chaud.").

17h15 : donner une boullie épaisse et nourrissante à Voyoutou dans l'espoir de dormir la nuit suivante. Penser à ranger la vaisselle du petit-déjeuner que l'Homme, débordé par deux bouches à brosser et trois paires de chaussures à enfiler en 45 minutes , n'a pas eu le temps de faire.

17h30 : faire faire les devoirs au Coyotte tout en prononçant le dicours éducatif de base " Il faut faire ton travail, mon chéri. L'école est importante pour ton avenir. Non, ce n'est pas bien de dire que c'est inutile. Non, l'école n'est pas une malédiction mais une chance. ".

18h00 : Après quatre essais d'une autodictée presque réussie, garder son calme en prononçant la parole quotidienne" Non, tu n'as pas la gastro, ni la grippe, ni une bronchite. Oui, tu iras à l'école demain".

18h15 : bain pour tout le monde pendant que le repas réchauffe.

18h45 : à taaaabbbllleeeeeeeeeeeeeeee !!!!!!!!!

18h52 : " Ca va être frrrrroooiiiiiiiidddddddddddd"!!!!!!

18h53 - 19h26 : repas ( " mange Voyoutou ....une pour papa, une pour maman, une pour Finette....", " Finette, stopppp, tu vas vomir", " Coyotte, arrête de te forcer à tousser, tu n'es pas malade"),débarrasser la table.

19h28 : arrivée de l'Homme " Tu as eu le temps de faire du linge ?". No comment.

19h30 : pipi- les dents - et puis aller au lit....

19h45 : histoire

20h00 : ouffffffffffffffffffffffffffffffffffff.

20h00-20h30 : être à l'écoute de la journée terriblement importante de l'Homme

20h30 : préparer les réunions du lendemain.

22h30 : plongeon dans le lit.

22h31 : l'Homme rejoint la femme-mère-épouse, approche sa bouche de son oreille et lui sussure, d'une voix mielleuse " Je suis tellement fatigué, tu sais ce qu'il me faudrait pour aller mieux ? Un gros câlin !"

22h32 : la femme-mère-épouse qui tient à sa survie mentale ne bouge pas d'un iota son corps éreinté, au bord de l'agonie physique,  et simule un profond sommeil.

Finalement, Coyotte a de qui tenir !


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Nous voici, nous voilà...

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La femme-mère-épouse

Age : trentenaire ( arf, déjà ...)

Qualités : très, très, très, mille fois très patiente.

Défaut : archi susceptible en cas de grande fatigue ( donc très souvent )...

Job : ni passionnant, ni tuant. Un emploi purement alimentaire qui prône sa vocation, celle de subvenir aux 2000 calories journalières moyennes de sa tribu.

Signes particuliers : pieuvre aux tentacules multifonctions. Est capable d'observer son monde à 360 degrés, entend tout, prévoit les catastrophes immentes ( attaque sur le ficus, tartines enfoncées dans le lecteur dvd, malencontreuses expériences terreuses sur le carrelage récurré...), sait cuisiner tout en donnant un biberon au voyoutou, consolant sa finette et dictant les devoirs au coyotte.

 

L'Homme

Age : un trentenaire qui s'assume pleinement

Qualités : bon, généreux

Défaut : râleur invétéré

Job : poste prometteur. N'a jamais connu les 35heures...

Signes particuliers : n'a toujours pas compris que la journée de la femme-mère-épouse ne comportait que 24 heures...!


Le coyotte

Age : école primaire

Qualités : très calme

Défaut : n'entend que ce qu'il veut bien entendre

Passions : football, football, football, football ( un comble pour l'Homme qui n'a jamais touché de ballon rond de sa vie )

Signes particuliers : roi de la simulation de toutes sortes de maladies bénignes ( gastro, grippe, otites ). Finira sûrement acteur.


Finette

Age : école maternelle

Qualités : très câline

Défaut : boudeuse

Passions : manger tout ce qui est comestible...ou pas!

Signes particuliers : est la seule de la famille à parvenir à faire changer l'Homme d'avis grâce à son incontournable "ze t'aime papa". 


Voyoutou

Age : arrivée récente chez la nounou

Qualités : un rayon de soleil

Défaut : ne fait toujours pas la différence entre le jour et la nuit.

Passions : attaquer le ficus

Signes particuliers : pense que son alimentation doit se limiter aux crèmes desserts.

 

La vie à 5, c'est une aventure de tous les jours !






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